Génocide des Tutsi au Rwanda
Huit cent mille morts en cent jours, sous les yeux d’une communauté internationale qui n’intervient pas. L’échec fonde la doctrine de responsabilité de protéger.
Contexte
La société rwandaise est fracturée depuis la colonisation, qui a rigidifié des catégories sociales en identités ethniques inscrites sur les papiers. Un accord de paix de 1993 prévoit un partage du pouvoir ; des milices s’arment et une radio prépare l’opinion. L’attentat contre l’avion présidentiel sert de déclencheur.
Chronologie
- 1990Offensive du Front patriotique rwandais depuis l’Ouganda
- Août 1993Accords d’Arusha
- 6 avril 1994Attentat contre l’avion du président Habyarimana
- Avril-juillet 1994Génocide, mené à l’arme blanche et par milices
- Juillet 1994Prise de Kigali par le FPR
- 1995Création du Tribunal pénal international pour le Rwanda
Acteurs
- Milices interahamwe
- Exécutent les massacres avec une part importante de la population civile
- ONU
- Réduit sa force sur place au moment où le génocide commence
- Radio Mille Collines
- Organise l’incitation et désigne les victimes
En chiffres
Conséquences
- L’inaction internationale provoque une remise en cause profonde des mandats de maintien de la paix.
- La doctrine de la responsabilité de protéger est formulée en réponse directe à cet échec.
- La région des Grands Lacs entre dans deux décennies de guerres régionales.
À retenir
Le génocide le plus rapide de l’histoire a eu lieu sous observation internationale, avec des moyens rudimentaires.
Sur la courbe
Ce que la série de l’atlas dit de cet événement, quand elle en garde la trace.
Douze ans d’espérance de vie en 1994. Le chiffre ne se commente pas ; ce qui se commente, c’est la remontée à 68 ans en trente ans, la plus rapide qu’un pays ait connue après un génocide.
Source
Fiche rédigée pour Mundograph ; l’article de référence est sur Wikipédia (CC BY-SA). Les coordonnées sont celles du lieu principal ; le pays est celui des frontières d’aujourd’hui.