Mise au point de l’édition génomique CRISPR
Modifier une séquence d’ADN devient simple et peu coûteux — avec les promesses thérapeutiques et les questions éthiques qui vont avec.
Contexte
Les bactéries se défendent des virus en conservant des fragments de leur ADN et en les découpant lors d’une nouvelle attaque. Deux équipes comprennent que ce mécanisme, reprogrammé avec un ARN guide, permet de couper n’importe quelle séquence à volonté.
Chronologie
- 2005-2010Compréhension du rôle immunitaire de CRISPR chez les bactéries
- 2012Doudna et Charpentier démontrent la coupure programmable
- 2015Moratoire demandé sur les modifications héréditaires
- 2018Naissance en Chine de bébés génétiquement modifiés, condamnée mondialement
- 2023Première thérapie CRISPR autorisée, contre la drépanocytose
Acteurs
- Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier
- Prix Nobel de chimie 2020
- Communauté scientifique
- S’auto-impose un moratoire sur la lignée germinale
- Autorités sanitaires
- Autorisent les premières thérapies somatiques
En chiffres
ordre de grandeur de la baisse de coût par rapport aux techniques antérieures
÷ 100 à 1 000
délai entre la démonstration et la première thérapie autorisée
8 ans
Conséquences
- Les maladies monogéniques deviennent des cibles thérapeutiques réalistes.
- L’agriculture dispose d’un outil de sélection rapide, au statut réglementaire encore débattu.
- La modification héréditaire pose une question éthique que la technique ne tranchera pas.
À retenir
Un mécanisme de défense bactérien est devenu un outil d’édition du vivant accessible à n’importe quel laboratoire.
Source
Fiche rédigée pour Mundograph à partir des sources listées dans Sources et méthode. Les coordonnées sont celles du lieu principal ; le pays est celui des frontières d’aujourd’hui.